sport

Ducati en crise : bezzecchi et aprilia mettent la pression

Le constat est brutal, presque impitoyable. Après trois Grands Prix, le championnat MotoGP 2026 s'annonce comme un véritable défi pour Ducati. Gigi Dall’Igna, l'architecte de la domination Ducati des dernières années, l’a admis sans ambages : « Nous devons impérativement nous améliorer. » L'heure est à l'introspection pour Borgo Panigale, tandis qu'Aprilia savoure une avance inattendue.

Le spectre de 2025 plane sur ducati

La vie a changé pour Ducati depuis la saison 2025. L'arrivée de Marc Márquez, censée catalyser une nouvelle ère de succès, se heurte à une moto dont le comportement est troublant. Loin de l'harmonie parfaite observée en 2024, et encore plus éloignée de l'alchimie entre Márquez et la Desmosedici en 2025, la moto actuelle semble échapper au contrôle. La pression monte, et elle doit se traduire par des résultats concrets dès le début de la tournée européenne, avec un Jerez particulièrement attendu.

Le changement de carcasse des pneus, bien que sujet à controverse, n'est pas le seul facteur en jeu. Piero Taramasso, responsable de Michelin, a été clair : « Aprilia a quelque chose de plus. » Cette affirmation, venant d'un homme aussi pointu que Taramasso, est un signal d'alarme pour Ducati. Il ne s’agit pas d’un simple ajustement, mais d’un déséquilibre de fond.

La rs-gp : une machine solide et polyvalente

La rs-gp : une machine solide et polyvalente

Mais que possède réellement Aprilia ? La réponse semble résider dans la RS-GP, une machine présentée comme une synthèse de robustesse et de performance. Une accélération fulgurante, une capacité à négocier les virages avec aisance, et une évolution aérodynamique maîtrisée, tout en maintenant une stabilité irréprochable : voilà les atouts qui semblent distinguer la moto italienne. Les chutes de Bezzecchi à Taïlande et à Austin, ainsi que la rupture de la moto d'Ogura au COTA, ne doivent pas masquer le tableau global. Aprilia impose désormais son rythme.

Un talentueux trio au volant

Un talentueux trio au volant

Raúl Fernández, pilote du Trackhouse, tempère cependant l'enthousiasme : « Il y a des circuits qui avantagent certaines motos, et d'autres qui désavantagent. » Son expérience, acquise au fil de l'évolution de la marque italienne, lui confère une crédibilité indéniable. Il souligne également l'importance des pilotes : « On parle beaucoup de la moto, mais on oublie que Aprilia a de grands pilotes. » Et il a raison. Bezzecchi, déjà deux fois sur le podium au championnat du monde. Martín, prétendant à deux titres. Ogura, champion du monde. Un trio qui met le paquet et qui, avec une moto compétitive, est capable de tout. Fernández, lui-même, témoigne de la progression de la RS-GP : « La moto va bien, oui. Mais il n’y a pas de bouton magique. L’essentiel est de piloter et d’exploiter au maximum le potentiel que nous avons. »

Les chiffres sont parlants : sept victoires consécutives en Grand Prix, dont la première à Phillip Island. Depuis ce moment, Aprilia a monopolisé les podiums du dimanche. Un succès qui met les autres équipes dans une situation délicate, et qui révèle le talent indéniable de ses pilotes.

Ducati sait que la RS-GP est une machine compétitive, mais elle le savait déjà depuis la fin de l'année dernière. Le défi pour Gigi Dall’Igna et son équipe est de retrouver la maîtrise de leur moto, et de répondre à la menace grandissante d'Aprilia. Jerez pourrait bien être le point de départ d'une nouvelle bataille acharnée entre Márquez et Ducati, face à l'ascension fulgurante des pilotes de Noale. L'avenir de la saison 2026 MotoGP se dessine, et il s'annonce plus passionnant que jamais.