Dorothée wierer : « j'étais dans une roue de hamster »
La légende italienne du biathlon, Dorothée Wierer, a levé le voile sur les coulisses de sa carrière exceptionnelle, et le moins que l'on puisse dire, c'est que la fin fut éprouvante. Après avoir conclu sa carrière aux Jeux Olympiques de sa nation, elle confie dans le podcast 'Extrarunde' avoir frôlé l'abandon avant même de penser à une issue glorieuse.
La pression et le doute : un fardeau insoupçonné
L'athlète de 36 ans, sacrée championne du monde à trois reprises et double lauréate de la Coupe du monde, a admis avoir été submergée par le poids des attentes. « J'ai failli perdre ma motivation avant la saison », révèle-t-elle. Le désir de cesser sa carrière était palpable, mais un instinct profond l'a poussée à persévérer, jusqu'à ce final olympique qui lui a laissé un goût amer-doux.
Elle confie, avec un soupir, : « Rétrospectivement, je suis heureuse d'avoir continué et d'avoir eu une si belle fin de parcours. Si j'avais arrêté en 2024, je n'aurais pas eu cette sensation de plénitude. Peut-être que le biathlon ne m'aurait plus autant plu. » Un aveu qui révèle la passion intacte d'une compétitrice qui a donné corps et âme à sa discipline.

Un dernier tour de piste mémorable
Malgré un début de saison chaotique, marqué par des doutes et un sentiment d'épuisement – « J'étais sur le point de déclarer forfait, je n'avais plus d'énergie » – Wierer a su puiser dans ses réserves pour remporter l'épreuve individuelle à Östersund. Cette victoire inattendue, comme elle le souligne, a été une véritable surprise, un rappel que le dépassement de soi est parfois le fruit d'une résilience insoupçonnée.
L'Olympisme, véritable apothéose, a permis à la quintuple médaillée olympique de vivre des moments inoubliables, notamment grâce à la possibilité de partager ces instants avec ses proches et les fans. « Ce sont les moments avec les supporters qui comptent le plus, pas les résultats ou les médailles », insiste-t-elle, soulignant l'importance du lien humain dans le Sport de haut niveau. Le soutien chaleureux des techniciens de différentes nations a également été une source de motivation inestimable.
Les Jeux Olympiques ont offert à Wierer un adieu digne de sa légende, même si elle a renoncé à la petite globe de cristal individuelle et à une prime de 35 000 euros. La décision était prise : l'Italie avant tout. L'argent en relais mixte et ses cinquièmes places en individuel et en mass start témoignent d'une performance de haut vol, malgré la fatigue accumulée.
L'émotion était palpable lors de son dernier concours à Antholz, où elle a été honorée aux côtés de Franziska Preuß. Une célébration collective, un symbole de respect et d'amitié entre deux géantes du biathlon.